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mercredi 12 juillet 2017

Les prises d'intérêts privées du ministre Nicolas Hulot révélées

Les raisons pourquoi Hulot préférait n'entrer dans aucun gouvernement

Nicolas Hulot a tiré de larges rémunérations de sa fondation et d’une entreprise, révèle 
Le Canard Enchaîné le mercredi 5 juillet

Les révélations se multiplient sur les ministres du gouvernement Édouard Philippe.
 

Ainsi, quatre d’entre eux ont déjà dû démissionner – Richard FerrandSylvie GoulardFrançois Bayrou et Marielle de Sarnez – après des soupçons dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem et dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, pour Ferrand. 

Muriel Pénicaud est également accusée de ne pas avoir respecté des règles de mise en concurrence au profit du candidat Macron en campagne à Las Vegas, quand elle était en charge de l’organisme public Business France. 

Le cinquième à concentrer 
les soupçons sur sa personne est désormais Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique. 

La Fondation Hulot tourne à plein régime 

Révélations sur des profits embarrassants pour le ministre Nicolas Hulot Selon les informations du Canard Enchaîné, la Fondation Nicolas Hulot est une juteuse pompe à fric: elle a reçu des gros chèques depuis plusieurs années. Audrey Pulvar, qui a eu vent des profits à en tirer, a volontiers pris la succession du ministre lorsque la fondation fut rebaptisée "Fondation pour la nature et l’homme". 

Ainsi, EDF a versé 460.000 euros à la fondation jusqu’en 2012 et 100.000 depuis. 
Malgré les délais supplémentaires pris par le Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Politique, Hulot est passé au travers des mailles, sauf si les supposés contrôles de moralité ont été une fumisterie pour permettre au président de constituer une équipe gouvernementale. Et le président Macron en a fait un ministre d'Etat et un second dans l'ordre protocolaire gouvernemental.

De possibles conflits d’intérêts entre EDF et l'actuel ministre ternissent l'image saine que l'écologiste veut véhiculer. Il va en effet devoir bientôt prendre position sur l’EPR de Flamanville, détenu par ...EDF 

"C’est la Haute Autorité qui appréciera" : a posteriori ...

La HATVP va devoir être juge et partie  ! 
Et elle n'en a pas fini. "De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration [celui de Monsieur Hulot]", écrit le Canard Enchaîné. 

Sauf que dans le champ de compétences du ministre de la Transition écologique, apparaît "l’écologie circulaire" (le recyclage des déchets), un marché brigué par… Veolia. "Tout sera déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. C’est elle qui appréciera s’il y a conflit d’intérêts", répond Nicolas Hulot au journal satirique. Et la Justice n'aura pas à y mettre le nez ?

Les jolis bénéfices des produits Ushuaïa. 
Le CV de l'ancien animateur télé a donné quelques suées à l’Elysée avant son entrée au gouvernement. Et pour cause, à côté de sa Fondation, l’actuel ministre de la Transition écologique détient la société Éole Conseil, essentiellement alimentée par des royalties touchées sur les ventes des shampoings, gels douche et autres lunettes estampillés "Ushuaïa". Et le Canard Enchaîné de préciser : "la marque appartient à TF1, mais la chaîne a cédé la licence à une dizaine de grands défenseurs de la nature, tels L’Oréal ou l’opticien Atoll. Hulot, qui a signé un contrat avec TF1, touche une partie des royalties. En 1992, ce deal juteux lui rapportait déjà 113.000 euros". Ce qui n'est pas illégal, mais interpelle sur son indépendance de ministre à l'égard des intérêts d'EDF et aussi de sa société. 

Pourtant, ses comptes sont devenus moins transparents depuis 3 ans... "A partir des années 2000, Éole Conseil a dégagé entre 480.000 et 715.000 de chiffre d’affaire par an", révèle encore le Canard Enchaîné. Une véritable machine à cash pour l’écolo qui engloutit le gâteau à lui tout seul. Et pour cause, il est le seul salarié de sa société et possède 99,9% des parts. Des bénéfices auxquels il faut ajouter son salaire annuel, 290.000 euros en 2013. Mais depuis, les  comptes de la société des années 2014 et 2015 ont été déposés sous le régime de la confidentialité.

Les statuts de la société Éole Conseil ne sont pas moins gênants. 
La société a pour objet la "création" de livres ou de films dédiés à "la promotion de l’image et de la personne de Nicolas Hulot", de quoi inspirer un hyper-président fasciné par son image. Eole Conseil est aussi dédiée au "conseil en relations publiques et en communication sous toutes ses formes" ou encore "l’organisation et l’animation de conférences". Conseil et conférences qui pourraient également alimenter d’éventuels soupçons de conflit d’intérêts, le tout à quelques semaines de la loi sur la moralisation de la vie publique. "Je n’ai jamais donné de conférences rémunérées ni joué les consultants", se défend Nicolas Hulot dans LE Canard. "Toutes les recettes d’Éole proviennent des produits Ushuaïa et de droits d’auteur sur les livres".

Or, le nucléaire est le grand absent des annonces de Hulot 
sur son Plan climat...
Résultat de recherche d'images pour "feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique"
En matière nucléaire, l'écologiste se hâte lentement. Le 6 juillet dernier, Hulot a présenté son plan climatmais sans aborder concrètement la question du nucléaire, notamment en matière de réduction de la part du nucléaireC'était le grand thème absent de son plan climat. Nicolas Hulot a levé le flou ce lundi sur ses intentions sur le nucléaire. 

Le ministre de la Transition écologique a annoncé la fermeture de réacteurs. Mais quand il précise le calendrier, c'est pour déclarer : "Peut-être jusqu'à 17", a-t-il esquivé au micro de RTL. Le respect de la loi sur la transition énergétique ambitionne pourtant de ramener à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025. "Chacun peut comprendre que pour tenir cet objectif, on va fermer un certain nombre de réacteurs (...). Laissez moi planifier les choses, ce sera peut-être jusqu'à 17 réacteurs; il faut qu'on regarde", a avoué l'ex-militant. "Chaque réacteur a une situation économique, sociale et même de sécurité très différente", a commenté le ministre, qui semble découvrir toute la complexité de la situation et souhaite désormais "planifier" la transition vers une production d'électricité plus diversifiée. 
Résultat de recherche d'images pour "Hulot feuille de route énergétique"Des élus pointent le "flou" gouvernemental sur les moyens, mais la presse les pointe du doigt, les signalant comme des membres de l'opposition ! Quand ils ne gravitent pas dans la nébuleuse macronienne, les experts se montrent sceptiques sur l'échéance de 2025.  Le 9 juillet, le ministre de la Transition écologique avait maintenu le cap fixé par la loi de transition énergétique votée en 2015, mais dont les associations craignent qu'il ne débouche sur aucune application concrète. "Nous nous conformerons à la Programmation pluriannuelle énergétique", ou PPE, la feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique, a déclaré une porte-parole d'EDF, l'exploitant des 58 réacteurs nucléaires français, sans commenter directement les déclarations de Nicolas Hulot. De nombreux experts jugent toutefois l'échéance de 2025 difficile à tenir pour réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique françaises.

Macron, ancien patron de Bercy, pouvait-il ignorer les entraves de son ministre d'Etat ?

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