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mardi 11 juillet 2017

Affaire Grégory : l'ex-juge Lambert retrouvé mort à son domicile

Quelle est la part de responsabilité de la presse et de la justice ?

Il a été le premier juge d'instruction dans l'affaire Grégory qui vient d'être relancée, plus de trente ans plus tard

L'ancien magistrat Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort 
mardi soir à son domicile dans la Sarthe, non loin du centre ville du Mans. L’information est confirmée par des "sources proches du dossier". De sources concordantes, la mort peut être "consécutive à un suicide". Alertés par une voisine en début de soirée, elle-même alertée par l'épouse absente du défunt, les secours auraient découvert son corps "avec un sac plastique" noué sur la tête à l’aide d’un foulard. L’ancien juge d’instruction avait 65 ans. 

La police judiciaire d’Angers a été saisie et le parquet du Mans a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de la mort. Selon les premiers éléments de l’enquête, aucune trace d’effraction ou de lutte n’a été relevée dans son appartement. Le procureur de la République du Mans était sur place en fin de journée, a-t-on appris du Parquet. 

Résultat de recherche d'images pour "juge Maurice Simon"
Surnommé "le petit juge", Jean-Michel Lambert, avait 32 ans le 16 octobre 1984, lorsque  le cadavre du petit Grégory, quatre ans, a été retrouvé ligoté dans la Vologne. Le jeune trentenaire était affecté à son premier poste, mais était pourtant seul juge d’instruction à Epinal (Vosges). Harcelé par la presse, il avait longtemps été désigné comme l’un des responsables du fiasco judiciaire de l’une des énigmes criminelles les plus marquantes en France, avant de retomber dans l’anonymat des prétoires et de se consacrer à l’écriture. 

Le 11 juillet, jour du suicide présumé, la chaîne BFM TV a justement révélé des extraits des carnets personnels du juge Maurice Simon, le magistrat qui avait repris de zéro l’affaire Grégory en 1987, après que le juge Lambert a été dessaisi du dossier à sa demande en 1986"J'avais des accès de boulimie; je voyais se profiler une dépression, expliqua l'ancien magistrat, dessaisi du dossier Grégory.
Il ne reviendra jamais à l'instruction. Envoyé en 1988 comme juge du siège à Bourg-en Bresse, dans l'Ain, il fut nommé en 2003 au tribunal de grande instance du Mans, où il terminera sa carrière.


Le juge Simon tient des propos accablants à l'encontre de son cadet

Résultat de recherche d'images pour "juge Maurice Simon"Alors que les journalistes ou les policiers se montrent solidaires de leurs collègues, ce juge est cinglant. "On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes […] ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur", écrit cet aîné du juge Lambert après les accusations et les pressions contre Christine Villemin, la mère du petit Grégory.  

En juillet 1985, le juge Lambert avait en effet opéré un spectaculaire revirement, portant ses soupçons sur la mère du garçonnet qui sera totalement innocentée en 1993 au terme d’un non-lieu retentissant pour "absence totale de charges", formule inédite aux accents d’excuse et d’aveu d’erreur judiciaire. 

Le quotidien Libération avait provoqué une auto-critique du juge Lambert

Laurence Lacour, journaliste qui a couvert l'affaire pour la radio Europe 1 et en a tiré un livre, "Le Bûcher des innocents", l'accabla : "Il ne maîtrisait pas la procédure. Certains de ses actes ont eu des conséquences irréparables".

En 2014peu avant qu'il ne presse sa retraite, le Petit Juge avait été amené à reconnaître des erreurs de procédure. "Je n’ai pas accordé au départ toute l’attention que j’aurais dû à ce dossier. J’étais le seul juge d’instruction d’Epinal. J’ai fini l’année avec 229 dossiers. Grégory portait le numéro 180." 

"
Je n'étais pas trop jeune, mais débordé. J'avais des centaines de dossiers à traiter. Au début, je n'ai pas pu accorder toute l'attention qu'elle méritait à cette affaire", assurait-il dans un entretien à l'AFP en 2014.
"C’est une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma carrière et de ma vie", disait-il la même année à BFMTV, expliquant y penser avec "révolte".
"Une autre dimension a été très importante:
la pression médiatique. Avoir travaillé sous haute tension comme je le dis dans mon livre, ça ne m’a pas empêché de faire mon travail le mieux possible", ajoutait-il.

A l’époque, il disait que "le diable" était dans cette affaire, rappelle l'AFP, avec l'intention de lui faire à nouveau du tort, trente ans plus tard.
 
Pourquoi un tel acharnement de la presse et de la justice ?

Juge Simon
Ce juge était un opposant à la peine de mort mais, ait exceptionnel dans le milieu, il se disait "anarchiste de droite, attaché aux valeurs de la famille et du travail, et à son pays". Une tare indélébile, encore aujourd'hui.

Après avoir publié en 1987 un livre sur l'affaire Grégory, "Le Petit Juge", il avait écrit des romans. 

Dans "Scrupules", une modeste famille d’Auvergne frappée par un terrible fait divers affronte des journalistes sans vergogne.

"Un monde sans vérité" parle d’un juge d’instruction et d’analyses ADN. 

"Je suis catastrophé, c’est infiniment triste", a confié l’avocat des époux Villemin, Me Thierry Moser, réagissant à l'annonce du décès de l'ex-juge Lambert. "Je garderai de lui le souvenir d’un homme qui a été confronté à un dossier difficile, qu’il n’a pas su maîtriser et qui a été pris dans un vertige irrépressible". 
"Quelles que soient les causes de ce qui semble être un suicide, je n’ai aucune animosité envers lui. Je critique les conclusions qu’il a tirées de son instruction mais je ne critiquerai jamais l’homme", a poursuivi Me Moser, qui défend depuis le décès de Grégory, le 16 octobre 1984, les intérêts des parents de l’enfant, Jean-Marie et Christine Villemin.
Qui, Maître Moser, vise-t-il, en revanche ?

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